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Chroniques boliviennes - 2008

Mis à jour : 1 août 2019

Ce texte a été publié une première fois en 2008 sur libellules.ch. Je le publie sur ce blog pour le sortir de l'oubli et le retravailler. Le but est de l'intégrer dans mon ambitieux projet qui s'intitulera peut-être un jour, "Chroniques boliviennes"

Illustration Scott Howard

Chroniques d'un voyage en Bolivie 2008

Sur cette photo, à gauche l'ange qui partage mes joies et mes peines, pose au côté d'un de ses frères. Elle doit avoir 7 ans. Cette photo a été prise à La Paz, en Bolivie, Amérique du Sud, il y a de cela quelques années. J'écris ces premières pages sur mon lit à La Paz. Il s'agit donc déjà de souvenirs pour ce qui concerne les premiers jours du voyage. Je les couche non pas sur papier mais sur mon Acer 9410, qui a eu la gentillesse de supporter les nombreux passages de douanes. Il s'agit d'un premier jet. Je me réserve le droit de modifier ces pages autant de fois qu'il sera nécessaire, jusqu'à un résultat satisfaisant, si tant est que cela soit possible. Tout est véridique, rien d'inventé, juste peut-être, ce qu'appelle mon ami et collègue sur libellules.ch, j'ai nommé Falkra, la Krigou Touch, qui comme je crois l'avoir compris, est composée d'une pointe d'humour et d'une certaine forme de dérision sur les choses de la vie.


En résumé, il me faudra plusieurs tentatives pour coucher la multitude d'émotions qui caractérise un voyage dans un pays si différent du mien.

Le vol

Le voyage a été préparé de longue date. Huit mois pour réserver des billets d'avion Zürich - New-York - Miami - La Paz. Huit mois que les tickets sont entreposés presque religieusement dans un tiroir et qu'il ne se passe pas un jour, sans que je les consulte, à la recherche d'une erreur de planification.


Le jour du départ arrive enfin. Nous nous présentons au contrôle à Zürich Airport pour une première surprise de taille. La préposée à l'enregistrement, nous fait savoir que le vol Miami-La Paz est annulé suite à des problèmes politiques entre les USA et la Bolivie. Evo Morales, le président bolivien, a osé dire non à la toute grande puissance des États-Unis, ce qui n'a pas du tout été apprécié par la CIA, Bush, Pentagone & Cie. Bien sûr j'ai raccourci drastiquement l'explication de cette crise politique.

Après de multiples palabres nous obtenons enfin de nouveaux billets avec un petit détour par Lima, capitale du Pérou. Le trajet Lima-La Paz se fera donc par la compagnie d'aviation péruvienne Lan Peru. Ce détour ne me pose en soit aucun problème, mis à part que la préposée d'American Airlines voulait nous faire payer une surtaxe de 600 dollars par personne, ce qui vous pouvez l'imaginer, me laisse un léger goût saumâtre.


Je suis une personne de nature calme et il faut en principe une situation d'injustice très prononcée pour me faire sortir de mes gonds. Toutes ces conditions me semblaient-ils, étaient réunies dans ce cas de figure. Le volcan qui sommeille en moi n'a pas tardé à se réveiller et les couloirs de Zürich Airport en tremblent encore. Je n'arrive pas à comprendre comment une compagnie à qui l'on a accordé sa confiance, est incapable de nous avertir de l'annulation du vol, et nous met devant le fait accompli, lorsque nous sommes pieds et poings liés, face à la porte d'embarquement. Les arguments d'American Airlines se résumaient à ceci : la crise politique n'étant point de leur faute, AA considère que les frais supplémentaires occasionnés ne sont pas de son ressort. Moi, ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est comment le simple renvoi d'ambassadeurs peut amener une telle situation ubuesque. Car je suis sûr que nous n'étions pas les seuls face à cette situation et je suis prêt à parier que tous n'auront pas comme nous, volé gratuitement de Lima à La Paz. D'ailleurs à l'heure où j'écris ces lignes je ne sais toujours pas comment le retour en Europe s'effectuera et peut-être faut-il s'attendre à un retour du bâton de la part de AA (AA = American Airlines).


Le vol Zürich - New-York

Pour tout avouer j'ai choisi de passer par les States pour une raison qui me paraît après coup, assez débile. N'ayant jamais été aux Etats-Unis et ne sachant ce que la vie réserve, j'ai opté pour un transit par ce pays. Ma naïeveté m'a fait croire qu'il me serait possible depuis l'avion d'apercevoir Manhattan. Résultat : ciel nuageux et pluie. Du coup je n'ai aperçu de New-York, qu'une de ses pistes d'atterrissage plantée au milieu d'une zone marécageuse, bordée d'énormes hangars, sans oublier les longs, très longs couloirs de l'aéroport John Fitzgerald Kennedy (JFK).

Le délai très court pour attraper le prochain avion vous oblige à emprunter des tapis roulants afin de parcourir des couloirs interminables. Ceux-ci n'avancent pas assez vite à mon goût et au lieu de me laisser transporter tranquillement, je marche dessus, ce qui a pour effet de doubler ma vitesse. Le point où il faut être attentif, c'est lorsque vous arrivez au bout du rouleau. Il faut en principe s'arrêter de marcher. C'est mieux et fortement conseillé. D'ailleurs les américains ont poussés la politesse jusqu'à implémenter un haut-parleur qui vous informe de votre arrivée prochaine en bout de piste. Seulement lorsque vous êtes pressés dans la vie, vous avez la fâcheuse tendance à ne pas voir et entendre les conseils des autres. Résultat : j'ai failli effectuer la culbute la plus spectaculaire effectuée dans un aéroport, tout continent confondus. Heureusement mon sens de l'équilibre m'a aidé à redresser la barre avant que de nombreuses caméras implantées dans ce gigantesque aéroport, ne déclenche une alarme du style.

"Attention: séquence vidéo gag de toute beauté vient de se produire sur le tapis roulant XZ46. Un européen vient d'effectuer un double salto avec réception foireuse, les quatre fers en l'air. À sauvegarder et diffuser de toute urgence. Succès garantie !"

À cet instant précis je repense au film de Jacques Tati "Les vacances de monsieur Hulot"

Mes émotions étaient loin d'être terminées. Que vous n'ayez rien ou quelque chose à vous reprocher, un passage de douane surtout aux States, déclenche une forte montée d'adrénaline. Même lorsque vous êtes en transit, les américains tiennent à mémoriser le passage de votre illustre personne sur leur sol et prennent vos empreintes et une photo avec une minuscule webcam. On ne sait jamais cela pourrait intéresser un jour ou l'autre les experts de LA, NY ou Miami. Rien contre cette manière de faire seulement ce processus à tendance à ralentir fortement mon approche de la porte d'embarquement devant m'amener dans l'avion pour Miami. Car il faut savoir que le flux de passager dans un aéroport new-yorkais est bien plus dense que dans n'importe quel aéroport européen. Nous avons tout de même réussit à atterrir à la Paz après un petit séjour dans un motel minable à Miami où nous avons passé une nuit, avec un plafond suintant des gouttes d'eau.

Survol de Miami avant l'atterrissage

Dans le hall de l'aéroport de Miami


Toutes les photos de ce voyage sont à voir ici !

(Quartier Irpavi2) - Vue depuis le balcon de ma maison

Initiation de mastication d'une feuille de coca par une cholita

Marché pour les gringos

Moises, 3 ans et adopté par une famille indios

Une cholita et son mouton

Un bus dans les hauts de Kupini

La Paz - dans le quartier de Kupini

L'Alto vu depuis le Cimenterio Central

Vue sur la montagne Ilimani

el Cimenterio Central

Calle Huyustus - La rue de la contrebande

Rue typique de la Paz avec ces incessants embouteillages

Plaza Murillo - La cathédrale de la Paz

Plaza Murillo - Le parlement bolivien

Plaza Murillo - Palacio del Gobierno

La Paz au soleil couchant

Petits boliviens contemplant le coucher de soleil sur la Paz

La plupart des photos diaporamas de La Paz ont étés prises depuis cette observatoire appellé "El Calvario". On remarque sur un des poteaux télégraphiques, un mannequin symbolisant un pendu, sort réservé aux voleurs qui auraient l'outrecuidance de s'en prendre au peu de chose que possèdent un indien. Les Indios forment le plus gros pourcentage des habitants des zones hautes de La Paz.


Les routes des quartiers des hauteurs de La Paz sont rarement asphaltées. Sur cette photo, luxe suprême, en plus du goudronnage, de belles lignes blanches, constituent un marquage destiné à la circulation. Elles se détachent merveilleusement bien sur le goudron bleuté par la nuit tombante. On y remarque aussi un chien errant, cheminant à la recherche de nourriture. Il finira par la trouver, car les boliviens sont de gros mangeurs. Ils ingurgitent à toute heure de la journée et jettent ensuite leur reste dans les poubelles publiques. L'art du partage avec son prochain en Bolivie ne se limite pas au genre humain. La gente animale en profite aussi largement, en toute simplicité, et sans avoir besoin de remercier le Seigneur. Je mettrai plusieurs jours à comprendre pourquoi un Bolivien mange à plusieurs reprises par jour. Le climat, l'altitude, font que le corps humain consomme ses ressources énergétiques beaucoup plus rapidement. Pour éviter les coups de barre, j'ai dû m'adapter et commencer à grignoter entre les repas.


Uyuni - le cimetière des trains


Uyuni est une petite bourgade de 20'000 âmes, à la frontière du Chili. Elle était, il y a quelques années, un centre ferroviaire très important pour l'économie. Tombé en désuétude, il ne reste à présent plus que de magnifiques carcasses rouillées perdues dans le désert. Les boliviens ont compris le potentiel touristique de ces carcasses et c'est par millier que les gringos se précipitent pour immortaliser, ce qui constitue à mes yeux la plus belle exposition de sculpture au monde.

Ces vieux pachydermes à vapeur dorment paisiblement au milieu d'un désert de sable et de sel, avec comme seuls compagnons, lorsque les touristes sont rentrés à leur hôtel, des chiens errants et de nombreux détritus jonchant le sol.



Salar de Uyuni

Le Salar constitue le plus grand désert de sel au monde. 12000 Km2 de sel qui s'étendent jusqu'à la frontière chilienne.


Vue depuis "Isla de los Pescadores" Cette île est recouverte de cactus géants, certains atteignant plus de 10 mètres de hauteur. La colline s'élève au milieu du Salar, entourée par une étendue de sel. Elle se transforme temporairement en véritable île lorsque l'eau recouvre le Salar en période des pluies.



Le volcan Tunupa au repos. L'ascension du volcan de 5321 mètres d'altitude se fait à partir du versant sud, et du petit village de Coqueza, situé au bord du Salar. Les pentes du volcan abritent une grotte dans laquelle sont conservées plusieurs momies inca.

La superficie du Salar est aussi grande que le plateau Suisse. Il constitue la plus grande réserve de lithium au monde (lire l'article "La fin des chimères vertes" à ce sujet).


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L'album de Krigou
« Là où le sol s'est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilité s'emparent des âmes, et les disposent à la torpeur. Élisée Reclus »
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