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Jean-Paul Dubois, prix Goncourt pour "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon"



Cela fait une bonne quarantaine dʹannées que le club des lecteurs de Jean-Paul Dubois ne cesse de grandir. Au début il y avait des lecteurs de presse écrite, notamment ceux du Nouvel Observateur, qui attendaient les reportages insolites de Jean-Paul Dubois journaliste. Puis sont venus les lecteurs du romancier, nourris dʹune vingtaine dʹopus tous emmenés par des Paul, comme autant dʹalias de Jean-Paul.


Quand on lui demande "Qu'est ce que vous faites quand vous n'écrivez pas ?"


J'ai une vie totalement inutile et heureuse, je joue de la musique, je m'occupe de mes proches. Je répare les voitures, j'arrange des trucs. C'est devenu un sujet de réflexion cette obsession de la réparation, le lien qu'on tisse avec les choses. Le fait d'avoir des rapports avec les choses qui ne sont pas loin des rapports que je peux avoir avec les animaux ou les humains. J'aime cette vie qui ne sert à rien, sans ambition ; quand je dis sans ambition, c'est juste être heureux. (Source: rts.ch)


Autre question qui lui a été posée.


Qu'attendez-vous des autres ?


Je n'attends rien des autres, j'attends énormément de moi. Je n'ai rien à attendre et puis je n'aime pas attendre. Je n'aime pas attendre des autres parce que ça sous-entend qu'on se doit quelque chose, et ils ne me doivent rien. Je suis sceptique sur le concept « des autres » parce que, c'est idiot ce que je vais vous dire, mais j'ai été frappé pendant cette crise de voir que la première réaction, que ce soit à Sydney, à Londres, à Paris, à New York, ait été de se battre physiquement pour du papier toilette, et que la première réaction, lorsque le confinement a été levé et qu'on a demandé aux gens à quoi ils rêvaient, ils ont répondu : « aller chez le coiffeur ». C'est idiot. Je n'attends rien des autres, de ces autres-là qui rêvent de vivre avec un rouleau dans une main et une raie bien faite sur la tête. Je pense qu'il vaut mieux se débrouiller tout seul avec le peu qu'on a. Je n'attends rien. (Source: https://www.franceculture.fr)


C'est beau, c'est pur, attachant comme ses romans.


Le romancier Jean-Paul Dubois a reçu le prix Goncourt pour "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon", roman bouleversant et nostalgique sur le bonheur perdu. Il s'agit du plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone.


Déjà couronné par le prix Femina (en 2004 pour "Une vie française"), le Toulousain Jean-Paul Dubois, 69 ans, est un écrivain discret et populaire. Il a construit depuis une trentaine d'années une oeuvre qui séduit par sa délicatesse et sa profonde humanité.


Le Renaudot a été octroyé dans la foulée à Sylvain Tesson pour "La panthère des neiges" (Gallimard).


"Tout arrive! C'est adorable...", a déclaré Jean-Paul Dubois devant la presse. "C'est assez irréel", a-t-il ajouté." Si les romans de Jean-Paul Dubois étaient traduits de l'anglais, il aurait en France un statut comparable à ceux de John Irving ou de William Boyd, dit de lui Bernard Pivot, le président de l'académie Goncourt.


Un monde en train de disparaître

Le 22e titre de l'écrivain, publié chez L'Olivier (256 pages, 19 euros) raconte l'histoire d'un homme, Paul Hansen, qui croupit depuis deux ans dans une prison de Bordeaux (qui comme son nom ne l'indique pas se trouve au Québec!) quand le lecteur le rencontre.


Paul Hansen, le narrateur, va nous raconter comment il en est arrivé à partager une cellule avec un Hells Angel. Ce formidable personnage, effrayant et touchant, ne rêve que d'"ouvrir en deux" ceux qui ne lui reviennent pas mais est terrorisé par les souris ou les ciseaux du coiffeur.


Paul Hansen est un type bien, doux et bienveillant. Le lecteur apprendra à la fin du roman pourquoi un tel homme est en prison. Entre temps, remonteront à la surface des souvenirs d'un bonheur anéanti. Ce que raconte Jean-Paul Dubois (une constance dans la plupart de ses livres), c'est l'histoire d'un monde en train de disparaître pour être remplacé par un autre dominé par l'injustice et le mépris. Source: laliberte.ch

L'album de Krigou
« Là où le sol s'est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilité s'emparent des âmes, et les disposent à la torpeur. Élisée Reclus »
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