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La ciudad del futuro

Mis à jour : juil. 11

El Alto est une ville qui se situe juste au-dessus de la Paz, à l'ouest de la capitale. Elle compte environ un million d'habitants et est peuplée à 80 % d’Aymara, une minorité ethnique précolombienne dont est originaire l’actuel président, Evo Morales. Cette ethnie est originaire de la région du lac Titicaca, et la plupart des gens qui la compose, sont d'origine paysanne et donc très pauvres. Une autre particularité d'El Alto, est qu'elle est une des villes les plus hautes du monde à plus de 4100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pour comparer, la Paz se situe à l’altitude de 3600 mètres.

Elle abrite l’aéroport international depuis lequel décollent et atterrissent tous les avions en provenance du monde entier.

C’est cette ville que vous risquez de découvrir en premier lorsque vous atterrirez en Bolivie et la première impression que vous risquez de ressentir, est celle de vous être posé sur une autre planète. Dépaysement garanti !


El Alto reste encore très pauvre et vu sa jeunesse possède peu d'infrastructures décentes. Les routes d’accès et celles à l’intérieur de la ville, peuvent à peine être qualifiées de carrossables. D'ailleurs, les gens aisés de la Paz, pour se moquer de cette nouvelle cité, l’appellent « La ciudad del futuro », soit en français la cité du futur. Ils risquent de ne plus rigoler très longtemps car la ville s'épanouit rapidement et est devenue en quelques années, l’un des poumons économiques de l’Altiplano, un terme qui désigne les hautes plaines des Andes, là où l'homme blanc n'aime pas s'aventurer car le froid règne en maître. Il gèle en effet plus de 100 à 300 nuits par an à El Alto. Rajoutez à ce cocktail, la sécheresse, la salinité des sols, le vent glacial et le manque d'eau; tout cela fait de l'Altiplano un milieu très rude où l'altitude pose des problèmes d'adaptation aux organismes vivants. Avantage ? Pratiquement pas d'insectes au sens propre du terme... Conséquence ? La majorité de la population andine mastique des feuilles de coca, une pratique qui permet de redonner des forces et aide à lutter contre le froid et les maladies.


El Alto est aussi le siège d'un évêché catholique et possède une cathédrale et de multiples petites églises dont l’architecture rappelle les pièces importantes d’un échiquier.


Un téléphérique relie les villes de La Paz et d'El Alto depuis 2014 et son réseau qui peut être comparé à une sorte de métro aérien, comporte désormais plusieurs lignes qui permettent de se déplacer à travers la ville.


Des maisons aux couleurs criardes, truffées de motifs géométriques, s’inspirant de la culture tiwanaku (civilisation pré-inca qui a dominé la moitié sud des Andes entre le Ve siècle et le XIe siècle) poussent désormais comme des champignons. Le haut des édifices comporte souvent une extension que les autochtones appellent « Cholet », combinaison de chalets, pavillons en espagnol et de cholo. Ce contraste des genres – rutilants cholets et vieilles maisons en brique, établit un contraste saisissant et constitue une des particularités d’El Alto.


La photo ci-dessous a été prise depuis le téléphérique "Linea azul". On remarque que la densité de constructions est très forte et que l'aéroport semble se situer en plein coeur de la ville.


Presque toutes les destinations vers d'autres lieux de la Bolivie nécessitent de traverser El Alto et il n'est pas rare de se retrouver dans des quartiers où le bitume a cédé la place à la terre battue. Commence alors un véritable gymkhana pour se frayer un chemin susceptible de vous extraire de cette ville tentaculaire. Ce parcours hérissé d’obstacles sera plus aisément couronné de succès si vous disposez d'une voiture tout terrain et de nerfs solides.

Texte : Christian Schnider, juillet 2019 (ce texte devrait faire partie d'un projet ambitieux (que je ne suis pas sûr de pouvoir mener à son terme) - un livre sur mes impressions, recueillies lors de mes différents voyages effectués en Bolivie, un pays qui constitue un peu, ma seconde patrie... Photos : © Copyright Christian Schnider D'autres photos de Bolivie : https://www.krigou.com/bolivia

L'album de Krigou
« Là où le sol s'est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilité s'emparent des âmes, et les disposent à la torpeur. Élisée Reclus »

Editions Libellules
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