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Tours et détours de la vilaine fille

Dernière mise à jour : 17 mai 2023

Voici un livre de Mario Vargas Llosa (Prix Nobel de littérature) que j'ai pourtant pris plaisir à lire, qui se fait démonter par le critique du journal le Temps.

Résumé :

Que de tours et de malices chez cette " vilaine fille ", toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le " bon garçon ". Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante en pleine adolescence, dans l'un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d'une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d'autre souci que les chagrins d'amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu'on appelait à Miraflores " la petite Chilienne " allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans le Cuba de Cassa puis l'épouse d'un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London. D'une époque, d'un pays à l'autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher. Mario Vargas Llosa nous offre un cadeau inattendu : une superbe tragi-comédie où éros et thanatos finissent par dessiner une autre Carte de Tendre entre Lima, Paris, Londres et Madrid. Car Tours et détours de la vilaine fille est bien cela : la géographie moderne d'un amour fou.

 

Chroniques Presse Le Temps

Tours et détours de la mièvrerie Laurent Nicolet, samedi 2 décembre 2006 Il s'agit peut-être d'une douloureuse épidémie. Les derniers livres des monstres sacrés de la littérature sud-américaine - Fuentes, García Márquez et autres dinosaures batifolant au-delà du Rio Grande - s'étaient révélés d'une rare insipidité. Que dire alors du dernier roman du grand Mario Vargas Llosa ? Que tous n'en mourront sans doute pas, mais que tous en semblent bel et bien frappés. La lassitude ni le grand âge n'ont pourtant jamais empêché la bonne littérature. La reconnaissance internationale, peut-être, et l'indulgence systématique qui l'accompagne ? Avec ces Tours et détours de la vilaine fille, c'est en réalité aux tours et détours attendus d'un vilain roman qu'on doit se frotter. Il faut dire que Vargas Llosa avait corsé la difficulté : écrire un livre mille fois écrit, l'amour tragi-comique pour une garce forcément fascinante, qu'on poursuit à travers le monde. L'occasion d'enfiler, avec une belle obstination, les clichés géographiques et les rabâchages politiques - saviez-vous par exemple que Mai 68 avait hâté la chute du général de Gaulle ? Et ce avec une platitude, une complaisance inhabituelles chez Vargas Llosa. Le gentil garçon annonce-t-il que la vilaine fille lui a raconté s'être fait arrêter par la police de Lagos, avoir été violée, en avoir réchappé avec « des morpions et un chancre » et que son amant japonais l'avait larguée par frousse du sida, on lui répond : « Ça a dû être terrible, la pauvre... une chose pareille laisse des cicatrices atroces dans la mémoire. » Ce n'est rien de le dire et c'est ainsi qu'un écrivain, surtout un bon écrivain, perd bêtement une occasion de se taire. Il y en a comme cela, sans mentir, à toutes les pages : « Tu es trop jolie et si je ne te faisais pas l'amour, je mourrais. Parce que je t'aime du plus profond de mon âme. » Ainsi, lorsque la vilaine fille donne de l'argent à un clochard méritant, qu'elle embrasse, voilà ce qu'il faut entendre : « - Ce clochard croira qu'il a rêvé, qu'une fée tombée du ciel lui est apparue. Que lui as-tu dit ? - Merci beaucoup, monsieur le clochard, pour avoir sauvé la vie à mon amour. - Toi aussi, tu as tes petites cucuteries, vilaine fille, fis-je en l'embrassant à pleine bouche. Dis-m'en une autre, veux-tu ? » Non. S'il vous plaît, non.


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